Lancement des livres Lectures de prison et Le Massicot le 24 novembre 2017

Pour plus d’informations :

http://le-lampadaire.org/

flyer_lancement_Le_Lampadaire

Lectures de prison

Présentation

L’ouvrage, intitulé Lectures de prison, est l’aboutissement d’un travail de recherche de trois années qui nous a permis de recueillir un grand nombre de documents consacrés à la lecture en milieu carcéral du XVIIIe siècle à nos jours.

Ces documents sont issus, pour le XVIIIe siècle, du fonds de la Bastille (consulté à la bibliothèque de l’Arsenal) : catalogues de la bibliothèque du château de la Bastille, lettres de prisonniers de la Bastille et listes de livres qu’ils lisent ; pour le XIXe siècle et début du XXe siècle, nous avons eu accès aux registres des livres empruntés à la prison de Fontenay-le Comte (1873-1926), au catalogue de la bibliothèque de la prison Saint Paul (Lyon) noté sur un cahier par un détenu en 1901 (fonds Lacassagne) ; pour le XX-XXIe, nous avons eu accès aux données de divers centres de détention (Arles, Nanterre…), ainsi qu’aux rapports d’un détenu bibliothécaire.

Ces listes et inventaires sont accompagnés des arrêtés, lois, circulaires réglementant la lecture de prison que nous avons trouvés en effectuant une recherche méthodique dans le Code des prisons et le Code pénitentiaire. À cela s’ajoutent des documents plus récents qui font référence aujourd’hui.

Cet ensemble de documents est accompagné d’une vaste iconographie issue du fonds de
l’ENAP (école nationale de l’administration pénitentiaire), de certaines archives départementales, de collections de cartes postales, de journaux mais aussi de photographies d’aujourd’hui.

Le principe de l’ouvrage est de donner accès aux documents bruts, c’est-à-dire sans discours explicatifs qui viendraient se surajouter aux textes originaux. Mais évidemment ceux-ci ne sont pas donnés dans le désordre, ils sont classés en cinq grands chapitres thématiques ; de plus, chaque chapitre s’ouvre sur un texte de présentation de deux ou trois pages pris en charge par des philosophes, historiens, sociologues, bibliothécaires intervenant en milieu carcéral, ce qui garantit la qualité scientifique de l’ouvrage.
Les cinq chapitres sont les suivants :

1. Historique de la bibliothèque de prison et représentations associées (présentation Philippe Artières, historien, CNRS, EHESS);

2. Constitution et organisation des fonds (présentation : Guillaume de la Taille, conservateur qui s’est occupé, un moment, de la mise en place de la bibliothèque de Fresnes);

3. Circulation du livre et fonctionnement des bibliothèques (présentation : Marianne Terrusse bibliothécaire, anciennement chargée de la mission Prison et de la Coopération Métropole à la Bibliothèque Départementale de Prêt de la Gironde);

4. Ce que lisent les personnes détenues (présentation : Jean-Louis Fabiani, sociologue
EHESS);

5. Le lieu bibliothèque (présentation : Claude Poissenot, sociologue qui étudie les publics des bibliothèques).

L’écrivain Philippe Claudel a accepté de prendre en charge la préface générale.
La postface est écrite par Jean-Lucien Sanchez (Chargé d’études historiques à la Direction de l’Administration Pénitentiaire).

Deux graphistes diplômés de l’ECAL ont assuré le design de ce livre de 464 pages.
Il s’agit donc d’un travail ambitieux tant sur le plan scientifique (historique et sociologique), qu’esthétique et littéraire (le vertige des listes, l’écriture administrative si particulière de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle).

Il s’agit aussi d’un travail nouveau, ce type d’approche, en ce qui concerne les lectures de prison, n’existant pas encore : il constitue une somme qui peut servir de base à toute réflexion sur les bibliothèques de prison.

Le monte en l’air :

Librairie Galerie Le Monte-en-l’air

71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare

75020 Paris

Tél. : 01 40 33 04 54

Contact : lemontenlair@free.fr

Métro Ménilmontant

Bus 96

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Colloque art, culture et prison, les 29 et 30 novembre 2017 à Paris

Un colloque « Culture, art et prison » se tiendra les 29 et 30 novembre 2017 au Musée national d’histoire de l’immigration, à Paris.

Il est organisé avec le soutien de Audencia Business School, le ministère de la Culture, le ministère de la Justice et le Palais de la porte Dorée (Musée de l’Histoire de l’immigration)

Les interventions seront assurées par des chercheurs, artistes et professionnels de la culture et de la justice afin d’explorer le sujet des projets artistiques et culturels en détention.
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Au programme :Ajustement des mondes (mercredi 29 novembre)

  • Les musées, les oeuvres et les prisons ;
  • Des traces et des hommes : imaginaires du Château de Selles au musée des beaux-arts de Cambrai. Une exposition expérience de décentrement scientifique ;
  • Des détenus « artistes » : expériences d’exposition en maison centrale au croisement de deux institutions distantes ;

Expériences carcérales, expériences culturelles(mercredi 29 novembre)

  • La prison dans la bande-dessinée ;
  • La presse pénale en France et aux États-Unis : des histoires contrastées ;
  • « C’est comme être un écrivain empêché ». Modalités de conduite d’un projet littéraire collectif en univers carcéral ;
  • Écrits de prison : un imaginaire de l’enfermement ;
  • La pratique musicale collective : une socialisation sans mot ; 
  • Du centre pénitentiaire au Festival d’Avignon : un atelier théâtral pour remettre les détenus dans un temps social ;
  • Médiation culturelle et lutte contre les préjugés en milieu pénitentiaire. Retour sur la diffusion de l’exposition itinérante Frontières dans 6 centres pénitentiaires franciliens ;

Politiques et représentations sociales(jeudi 30 novembre)

  • La politique d’accès à la lecture en établissements pénitentiaires, 1981-1996 ;
  • L’expérience artistique dedans-dehors : De l’espace-projet à l’expérimentation de transformations sociales ;
  • Diversité des normes et autonomie des agents : des projets pour qui ? Des projets pour quoi faire ? ;
  • (Re)travailler l’image de l’autre et l’image de soi : quête d’une identité -L’exemple du projet patrimoine et photographie 1001 portes et fenêtres avec l’abbaye de Fontevraud ;
  • « Soigner » les parloirs. L’art au coeur de l’intimité carcérale ;
  • L’art d’être en résidence et ses enjeux au sein de l’institution pénitentiaire même, à l’endroit de la formation du métier et des images, l’Énap.

Le programme détaillé est téléchargeable.

Ce colloque est ouvert sur réservation obligatoire en ligne.

La culture en détention sur le site du ministère de la justice

Texte complet : http://www.justice.gouv.fr/prison-et-reinsertion-10036/la-vie-en-detention-10039/la-culture-11999.html

L’accès à la culture est un des éléments d’un parcours d’insertion ou de réinsertion d’une personne placée sous main de justice.
En lien avec les structures culturelles des villes et des départements et avec le soutien des services déconcentrés du ministère de la Culture et de la Communication, les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) pilotent une programmation d’activités adaptées à un public pris en charge en détention : arts plastiques, musique, atelier d’écriture, théâtre,….

Histoire :Une bibliothèque de prêt à la Bastille

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Dans le livre de l’historien Jean-Christian Petitfils, consacré à la prison de la Bastille, un chapitre est consacré à la lecture et à l’écriture. On apprend donc qu’il existait dans la forteresse une bibliothèque de prêt fondée au début du 18e siècle par un riche napolitain.

Cette bibliothèque a ensuite été placée sous la responsabilité d’un aumônier au siècle suivant. Le catalogue, consultable par tous, répertoriait environ 600 volumes.

Une dotation mensuelle de 50 livres était consacrée aux nouvelles acquisitions.

Les prisonniers pouvaient emprunter au maximum 4 volumes à la fois. Les dictionnaires et usuels n’étaient prêtés que pour deux jours.

Pour plus de détails : La Bastille : mystères et secrets d’une prison d’état de Jean-Christian Petitfils, publié aux Editions Tallandier en 2016.

Le lien vers l’éditeur ici