Inciter à lire en prison : surveiller sans censurer (France culture, le 13/12/2017)

Extrait issu d’un dossier que vous pourrez retrouver sur du site de France Culture :

En France un détenu peut désormais espérer une remise de peine s’il participe à des ateliers lecture en prison. Si au Texas Mein Kampf ou la prose du Klu Klux Klan circulent derrière les barreaux, le directeur d’une prison française peut refuser qu’un détenu se fasse envoyer un bréviaire terroriste.

Au Texas, 10 000 livres sont interdits en prison, parmi lesquels les albums Où est Charlie ?, ou encore Freakonomics, un manuel de vulgarisation économique. Pour Shakespeare, tout est question d’édition : à cause de certaines gravures reproduites sur des exemplaires un peu anciens, les sonnets peuvent être retoqués. “A l’inverse, rapporte le site ActuaLitté, Mein Kampf d’Adolf Hitler ou des livres signés par un ex-leader du Ku Klux Klan sont autorisés ».

En France, il n’existe aucune liste noire d’ouvrages interdits en milieu pénitentiaire au niveau national. Ni l’administration centrale, ni les parlementaires, n’ont le pouvoir de statuer sur des livres qui n’auraient le droit de citer dans aucune prison française. En revanche, tous les livres ne franchissent pas le portail d’une prison, et encore moins la porte d’une cellule….

La suite à découvrir sur franceculture.fr

 

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Lancement des livres Lectures de prison et Le Massicot le 24 novembre 2017

Pour plus d’informations :

http://le-lampadaire.org/

flyer_lancement_Le_Lampadaire

Lectures de prison

Présentation

L’ouvrage, intitulé Lectures de prison, est l’aboutissement d’un travail de recherche de trois années qui nous a permis de recueillir un grand nombre de documents consacrés à la lecture en milieu carcéral du XVIIIe siècle à nos jours.

Ces documents sont issus, pour le XVIIIe siècle, du fonds de la Bastille (consulté à la bibliothèque de l’Arsenal) : catalogues de la bibliothèque du château de la Bastille, lettres de prisonniers de la Bastille et listes de livres qu’ils lisent ; pour le XIXe siècle et début du XXe siècle, nous avons eu accès aux registres des livres empruntés à la prison de Fontenay-le Comte (1873-1926), au catalogue de la bibliothèque de la prison Saint Paul (Lyon) noté sur un cahier par un détenu en 1901 (fonds Lacassagne) ; pour le XX-XXIe, nous avons eu accès aux données de divers centres de détention (Arles, Nanterre…), ainsi qu’aux rapports d’un détenu bibliothécaire.

Ces listes et inventaires sont accompagnés des arrêtés, lois, circulaires réglementant la lecture de prison que nous avons trouvés en effectuant une recherche méthodique dans le Code des prisons et le Code pénitentiaire. À cela s’ajoutent des documents plus récents qui font référence aujourd’hui.

Cet ensemble de documents est accompagné d’une vaste iconographie issue du fonds de
l’ENAP (école nationale de l’administration pénitentiaire), de certaines archives départementales, de collections de cartes postales, de journaux mais aussi de photographies d’aujourd’hui.

Le principe de l’ouvrage est de donner accès aux documents bruts, c’est-à-dire sans discours explicatifs qui viendraient se surajouter aux textes originaux. Mais évidemment ceux-ci ne sont pas donnés dans le désordre, ils sont classés en cinq grands chapitres thématiques ; de plus, chaque chapitre s’ouvre sur un texte de présentation de deux ou trois pages pris en charge par des philosophes, historiens, sociologues, bibliothécaires intervenant en milieu carcéral, ce qui garantit la qualité scientifique de l’ouvrage.
Les cinq chapitres sont les suivants :

1. Historique de la bibliothèque de prison et représentations associées (présentation Philippe Artières, historien, CNRS, EHESS);

2. Constitution et organisation des fonds (présentation : Guillaume de la Taille, conservateur qui s’est occupé, un moment, de la mise en place de la bibliothèque de Fresnes);

3. Circulation du livre et fonctionnement des bibliothèques (présentation : Marianne Terrusse bibliothécaire, anciennement chargée de la mission Prison et de la Coopération Métropole à la Bibliothèque Départementale de Prêt de la Gironde);

4. Ce que lisent les personnes détenues (présentation : Jean-Louis Fabiani, sociologue
EHESS);

5. Le lieu bibliothèque (présentation : Claude Poissenot, sociologue qui étudie les publics des bibliothèques).

L’écrivain Philippe Claudel a accepté de prendre en charge la préface générale.
La postface est écrite par Jean-Lucien Sanchez (Chargé d’études historiques à la Direction de l’Administration Pénitentiaire).

Deux graphistes diplômés de l’ECAL ont assuré le design de ce livre de 464 pages.
Il s’agit donc d’un travail ambitieux tant sur le plan scientifique (historique et sociologique), qu’esthétique et littéraire (le vertige des listes, l’écriture administrative si particulière de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle).

Il s’agit aussi d’un travail nouveau, ce type d’approche, en ce qui concerne les lectures de prison, n’existant pas encore : il constitue une somme qui peut servir de base à toute réflexion sur les bibliothèques de prison.

Le monte en l’air :

Librairie Galerie Le Monte-en-l’air

71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare

75020 Paris

Tél. : 01 40 33 04 54

Contact : lemontenlair@free.fr

Métro Ménilmontant

Bus 96

Lire en prison, un dossier de la revue Page de Bretagne.

Le numéro 43 de Pages de Bretagne, la revue semestrielle de Livre et lecture en Bretagne, consacre son dossier central à la lecture en prison.

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Ce dossier présente les origines des politiques de la lecture en prison, les structures publics qui portent ces actions en milieu pénitentiaire, du Spip à la Drac en passant par la Disp et bien sur les coordinateurs culturels.

Ce dossier très complet donne également des exemple d’actions (Quartier Livre). Il permet de comprendre l’importance du rôle des médiathèques publiques dans le bon fonctionnement des bibliothèques de prison.

Retrouvez le dossier Lire en prison complet ici

En voici le texte d’introduction :

Faire entrer le livre et la lecture en prison, par le développement d’un véritable service public de bibliothèque à l’intérieur des murs, stimuler le désir d’écriture chez les détenus par l’intervention d’auteurs, par des ateliers d’écriture, tout cela peut paraître salutaire voire un indispensable vecteur d’insertion. Il a fallu pourtant franchir bien des obstacles, pour parvenir à la prise de conscience actuelle.

Il a fallu des volontés politiques et des engagements personnels forts.

Il a fallu instaurer des partenariats, alliant administration de la justice et institutions
culturelles, collectivités locales, associations. Et, il en faut, de l’engagement, il en faudra encore, car les actions reposent sur des conventions qu’il faut renouveler, des savoir-faire qu’il faut transmettre, des convictions qu’il faut partager, un dynamisme qu’il faut sans cesse alimenter.

Ce dossier donne la parole à des acteurs qui interviennent ou sont intervenus à des degrés divers dans cette histoire en Bretagne, faisant du livre et de la lecture le socle de base qui doit conduire le détenu vers son insertion dans la société.