Visite à la maison d’arrêt du Mans – par Maëlle Guillaud

Dans le cadre du prix (et de l’aventure) des 68 premières fois,   Maëlle Guillaud est venue à la rencontre des détenus de la maison d’arrêt du Mans le 23 novembre 2017, pour une discussion autour de son premier roman suivie d’un atelier d’écriture. Elle nous livre ici ses impressions sur une journée qui devrait rester longtemps imprimée dans sa mémoire. Attention, texte fort. 

« Surtout ne pleurez pas. C’est une émotion qu’ils ne comprennent pas. » Pleurer ? Mais pourquoi ? Dans quelques heures, je vais les rencontrer. Eux, dont j’imagine la vie à travers le prisme de préjugés ridicules. Eux, à qui je redoute de parler d’enfermement. Comment oser utiliser la métaphore de la cage en verre pour évoquer la vie de mon héroïne dans son couvent sans tomber dans l’indécence? Enfermement psychologique versus enfermement mental. L’idée me sert d’armure, me voilà parée. J’ignore en me dirigeant vers la gare, qu’ils ne m’en laisseront pas le temps…

Maëlle Guillaud est l’auteur de Lucie ou la vocationet d’ Une famille française aux Éditions Héloïse d’Ormesson.

(intégralité du texte Maelle Guillaud à la Masion d’arrêt du Mans et à retrouver ici aussi)

Retrouvez d’autres témoignages sur le site 68 premières fois

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Lire à l’ombre : histoire d’un club de lecture en détention

Le dernier projet du club de lecture du Centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville en date est parti d’une idée folle : candidater au jury du Livre Inter !

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Le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville a ouvert ses portes en 2009. Il compte plus de 800 personnes détenues dont une trentaine de femmes. Depuis 2007, d’abord à la maison d’arrêt Charles III puis au centre pénitentiaire de Maxéville, les Bibliothèques de Nancy apportent leur soutien aux personnes détenues en mal de lecture. Une convention de partenariat les unit avec le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation), l’Administration Pénitentiaire et l’Association Dédale.

Mettre en place les quatre 4 bibliothèques du centre a été la priorité, mais très vite, il a fallu répondre à une soif de discussion autour des livres et créer une dynamique plus vaste en mettant en place un club de lecture, lieu de rencontres et rendez-vous d’hommes et de femmes qui se retrouvent régulièrement pour parler des livres qu’ils ont lus.

retrouvez l’intégralité de l’article sur le blog Epitome 

La bande dessinée lauréate du Prix Hors les murs 2017 est …

Le verdict des 94 lecteurs membres du jury Hors les murs est …

Mort aux vaches, une bande dessinée de Aurélien Ducoudray et de François Ravard aux éditions Futuropolis.

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Présentation du prix :

Pour sa 6e édition, le Prix BD «Hors les murs» réunit en 2017 dix établissements pénitentiaires de Normandie :

Centre de détention de Val de Reuil
Maison d’arrêt de Rouen
Centre de détention du Havre
Maison d’arrêt d’Évreux
Maison d’arrêt de Caen
Centre pénitentiaire de Caen
Maison d’arrêt de Cherbourg
Maison d’arrêt de Coutances
Centre de détention d’Argentan

Centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe

Le principe : Un jury, composé de personnes incarcérées en Normandie, décerne le prix du meilleur album parmi une sélection de 5 bandes dessinées.

L’objectif : susciter l’intérêt et le goût pour le livre et la lecture.

Les livres sélectionnés :

 

Ce qu’il faut de terre à l’homme, Martin Veyron, éditions Dargaud (2016)

ce qu'il faut de terre à l'hommeCe qu’il faut de terre à l’homme est le nouvel album de Martin Veyron : une fable au thème universel et intemporel : la cupidité des hommes.

Sur son lopin de terre de Sibérie, le paysan Pacôme vit avec sa femme et son fils. Il n’est pas riche mais il subvient aux besoins de sa famille. Cependant, Pacôme se sent à l’étroit. « Si seulement j’avais plus de terres, soupire-t-il en regardant par-delà la clôture, je pourrais être tout à fait heureux. » Un appétit, tant pour les terres que pour ce qu’elles rapportent, qui va aller grandissant… D’après une nouvelle de Léon Tolstoï.

Shangri-la, Mathieu Bablet, éditions Ankama (2016)

shangri laCe qu’il reste de l’humanité vit à bord d’une station spatiale dirigée par une multinationale à laquelle est voué un véritable culte. Les hommes mettent en place un programme pour coloniser Shangri-la, la région la plus hospitalière de Titan, afin de réécrire la genèse à leur manière.

 

 

 

Tu sais ce qu’on raconte, Gilles Rochier et Daniel Casanave, éditions Warum (2017)

tu-sais-ce-quon-raconteQuand le môme Gaborit revient dans sa ville natale, quittée quelques années plus tôt suite à un drame routier, les langues se délient. Une histoire provinciale vue uniquement par l’intermédiaire du bouche à oreille. Chaque habitant donne son avis et, petit à petit, les langues se délient, les détails s’apprennent, les interprétations foisonnent et les esprit s’échauffent, jusqu’au dénouement final, tragique et magistral ! Une oeuvre d’un scénariste au sommet de sa maturité narrative, servie par le dessin fourmillant d’un dessinateur généreux. Les pages fourmillantes de Daniel Casanave transforment le lecteur en un voyeur des coulisses d’une petite ville de province, spectateur par procuration d’une histoire de village qui prendra une dimension tragique. Gilles Rochier montre ici un talent d’observateur des âmes, doublé d’une âme de dialoguiste dans la veine d’Audiard.

Mon père était boxeur, Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly, éditions Futuropolis (2016)

mon pere était boxeurHubert était champion de boxe. Sa fille, Barbara, est aujourd’hui photographe et cinéaste. Un récit autobiographique poignant.
L’album est accompagné du DVD du film écrit et réalisé par Barbara Pellerin. Ce que le film ne dit pas, le livre le montre. Deux récits complémentaires qui révèlent le portrait unique d’une relation d’un père à sa fille.

 

 

 

et donc :

Mort aux vaches, François Ravard et Aurélien Ducoudray, éditions Futuropolis (2016)

1996, un quatuor de truands cambriole l’agence bancaire à Clermont l’Abbaye. Parvenant à échapper à la Police, les voyous se mettent au vert en attendant que les choses se tassent, en attendant d’être oubliés. Ils cavalent jusqu’à l’exploitation agricole de l’oncle de l’un d’eux. Mais c’était sans prévoir la crise de la vache folle… La contamination de l’épizootie est à son plus haut pic, et les gendarmes sont très nombreux à battre la campagne. Coincés dans leur planque, ils vont devoir se supporter les uns les autres. Pour le meilleur et pour le pire.

La majorité des auteurs seront présents au festival de la bande dessinée de Darnétal Normandiebulle

La sélection et les partenaires :

La pré-sélection a été effectuée par Fred Sendon, de la librairie Au grand nulle part (Rouen) et Jean-Marie Le Callonec, de la librairie La cour des miracles (Caen)

La sélection finale a été effectuée par les acteurs du projet : festival Normandiebulle, Centre Régional des Lettres à Caen, bibliothécaires œuvrant en milieu carcéral, représentants DRAC et SPIP et des enseignants.

Un trophée, également réalisé par des personnes détenues, sera remis au lauréat lors de la remise des prix, samedi 23 septembre 2017 à 16 H.

Cette action est organisée avec le soutien de la DRAC et des SPIP de Normandie.

Partenaires : Les Spip, les établissements et les coordonnateurs de l’action culturelle en milieu pénitentiaires, les librairies Au grand nulle part (Rouen), La cour des miracles (Caen), La curieuse (Argentan), Le salon du livre Epoque (Caen) et le festival du livre de jeunesse et de la bande dessinée de Cherbourg en Cotentin, les bibliothèques et les médiathèques publiques partenaires des établissements, les services de l’éducation nationale impliqués dans les établissements pénitentiaires.

 

Les 68 premières fois … en prison

Les 68 premières fois, c’est :

  • de la curiosité  (découvrir de nouveaux auteurs, défricher de nouveaux territoires…);
  • du partage (promouvoir, échanger autour des premiers romans avec un collectif de plus de 70 lecteurs…);
  • une ambition  (faire vivre les livres dans des lieux autres que les librairies, vers des publics non acquis comme en prison, sous des formes moins conventionnelles);
  • une organisation  (une association loi 1901, partenariats avec notamment Babelio et Page des libraires, animations et rencontres ;
  • et des dizaines d’idées à développer !

Pourquoi les 68 premières fois ?

Les premiers romans sont des promesses, celles d’un nouvel univers, d’une plume différente, d’une autre façon de voir le monde. Ils occupent une place spéciale dans la littérature, dans la vie d’un auteur aussi ; ils sont sources d’une folle excitation (oh graal de la publication), de déconvenues, de déceptions de ne pas voir ce qui a causé des heures de travail, de transpiration et de doutes reconnu et plébiscité.

Sous les presque six cent titres de chaque rentrée littéraire, se cachent des premiers romans, des auteurs qui vivront un peu différemment ce saut dans le vide, c’est leur première fois, première parution, première publication. Fébrile ou ambitieux, dévoré d’espoir ou résigné, ils ont tous livré un texte, retravaillé de manière acharnée les mots, ayant envie mille fois de tout laisser tomber mais persévérant, avec une envie plus forte et insubmersible.

Face à la vague, aux médias parfois trop centrés sur la vingtaine de romans qui fera le buzz, il apparaît plus que jamais nécessaire de mettre en avant ceux dont la lumière s’éloigne, ceux qui pourtant ont cette saveur particulière.

C’est forte de ce constat qu’ont été créés les « 68 premières fois ».

  • le plus : tous les premiers romans ont été lus, par une ou plusieurs lectrices.
  • le but : faire voyager, échanger, discuter, faire vivre ces romans.

En partenariat avec les éditeurs, les premiers romans sélectionnés voyagent, font l’objet de chroniques, créent des liens entre les lecteurs, une communauté.

L’objectif est de placer le livre au centre de l’action, de ne pas mettre en lumière un auteur mais plusieurs, de créer une émulation, un collectif.

Des rencontres

 La rencontre traditionnelle de l’auteur derrière sa table et du lecteur planté devant, au milieu du brouhaha ambiant n’est pas la conception des 68. Ainsi, dans le cadre du salon du livre du Mans, il sera proposé une rencontre déjeuner avec 4 primo romancières, le temps de pouvoir échanger réellement et de casser les codes.

Les 68 en prison :

Déroulé de l’opération en prison :

Une fois la première édition créée, il était indispensable que les 68 évoluent, qu’elles aillent là où le public n’est pas acquis, pour lier lecture et écriture.

Pour 2016, les 68 premières fois s’exportent en prison.

Sur les 150 titres parus entre septembre 2015 et mars 2016, 5 titres ont été retenus. Ils ont été lus par les personnes détenues, et ont fait l’objet de débats et d’échanges.

Calendrier 2016 :

  • Juin  : sélection des 5 romans
  • Septembre : début des lectures par les personnes détenues
  • Décembre  : choix du lauréat
  • janvier 2017 : rencontre entre le lauréat et les personnes détenues.

Si les romans sont les mêmes pour les différents centres, le lauréat est propre à chaque centre.

L’opération pourra être reconduite chaque année ou dans un calendrier différent.

Liste des 5 romans choisis :

  • Le monde entier, François Bugeon, Editions du Rouergue / élu meilleur roman à la maison d’arrêt de Metz exæquo avec Manoukian;
  • Ce qui nous sépare, Anne Collongues, Actes Sud / élu meilleur roman à la maison d’arrêt du Mans;
  • Les grandes et les petites choses , Rachel Kahn, Anne Carrière élu meilleur roman au centre pénitentiaire de Nancy Maxéville;
  • Les échoués, Pascal Manoukian, Don quichotte / élu meilleur roman à la maison d’arrêt de Metz exæquo avec Bugeon;
  • Le grand marin, Catherine Poulain, éditions de l’Olivier.

Le concept peut varier selon chaque établissement, avec une adaptation de la liste des livres proposés à chaque public, notamment un public femme ou homme.

Liste des 5 romans choisis en 2017 (choix en cours) :

Contact

Charlotte Milandri, 68premieresfoisofficiel@gmail.com

Le site de 68 premières fois : https://68premieresfois.wordpress.com/category/les-68-en-milieu-carceral/

Prix des lecteurs de bande dessinée Hors-les-murs 2016

Depuis 5 ans, bien en amont de son édition de septembre, le Festival de bande dessinée NormandieBulle de Darnétal (en Seine-maritime) organise au printemps un Prix « Hors les murs » au sein d’établissements pénitentiaires de Seine Maritime et de l’Eure.

L’objectif est d’y susciter l’intérêt pour le goût et la lecture.

En 2016, le Centre Régional des Lettres à Caen qui porte la mission culture/justice et les coordonnatrices de l’action culturelle en milieu pénitentiaire auprès des Spip se sont joints à ce prix pour l’étendre et le faire rayonner aux établissements pénitentiaires de la Manche, de l’Orne et du Calvados.

Grâce à ce partenariat, pour la première fois et en lien avec la refonte administrative des régions, le Prix BD «Hors les murs» a été étendu à 6 nouvelles prisons.

90 personnes détenues y ont participé réparties au sein de 9 établissements pénitentiaires : le Centre de détention de Val de Reuil, la Maison d’arrêt de Rouen, le Centre de détention du Havre, la Maison d’arrêt de Caen, le Centre pénitentiaire de Caen, la Maison d’arrêt de Cherbourg et la Maison d’arrêt de Coutances, le Centre de détention d’Argentan et le Centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe.

Un jury, composé de personnes incarcérées en Normandie avait à sélectionner le prix du meilleur album parmi une sélection de 5 bandes dessinées.

  • Zaï Zaï Zaï Zaï, de Fabcaro, Éditions Six Pieds sous terre, 2015
  • Vive la marée !, de David Prudhomme et Pascal Rabaté, Éditions Futuropolis, 2015
  • L’île aux femmes, de Zanzim, Éditions Glénat, 2015
  • Trashed, de Derf Backderf, Éditions Çà et là, 2015
  • Alcoolique, de Jonathan Ames et Dean Aspiel, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2015

Inscrit durablement dans les établissements de Seine-Maritime et de l’Eure, le projet a trouvé grâce au CRL, lors de cette première participation en 2016, un fort écho dans le Calvados, la Manche et l’Orne.

L’album gagnant est Alcoolique de Jonathan Ames et Dean Aspiel.

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Il raconte l’histoire de Jonathan A., double de l’auteur, et de sa romance destructrice avec la bouteille. Un récit triste et tendre d’un écrivain à la recherche de lui-même, mais aussi un conte universel, celui des luttes que nous menons jour après jour dans nos carrières, nos amitiés et nos amours pour garder nos démons à distance.

Infos sur le site de l’éditeur :

www.monsieurtoussaintlouverture.net/Livres/Alcoolique/Alcoolique_index.html

Organisé par le festival de la bande dessinée de Darnétal dans le cadre du dispositif Culture/justice en Normandie le Prix « hors les murs » reçoit le soutien de la Région Normandie, de la DRAC Normandie, des DISP de Rennes et de Lille, des SPIP de l’Eure, du Calvados, de la Manche, de Seine Maritime et de l’Orne.

En 2016, la mise en place du prix et la sélection des livres a également mobilisé les services de l’éducation nationale, les bibliothèques partenaires, les librairies (La cour des miracles à Caen, Au grand nulle part à Rouen, La curieuse à Argentan et Ocep à Coutances), des manifestations littéraires (le festival du livre de jeunesse et de bande dessinée à Cherbourg en Cotentin et le salon du livre Epoque à Caen).

La remise des prix a été organisée le samedi 24 septembre lors l’ édition 2016 du Festival de bande dessinée NormandieBulle organisée par la Ville de Darnétal.

www.normandiebulle.com.